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des dialogues. Que même celui qui fait le pcrfonnage d'Arlequin, à la fin de fés chanfons, affectoit aulïï d'en dire quelques-unes fans chanter et les récitoit en parlant naturellement (i). Dont et de quoi avons fait et dreffé le préfent procès-verbal.
Signé : Demoncrif.
(Archives des Comm., n° 3829.)
M AUVRÉ (Jean) , directeur d'un spectacle d'animaux sur le boulevard en 1765.
L'an 1765, le vendredi 26 avril, neuf heures du foir, a été amené en notre hôtel et par-devant nous Nicolas Maillot, etc, par Jean-Pierre David, capo­ral de la garde de Paris, de pofte à la grille St-Martin, un particulier qui lui a été remis ès mains par l'efcouade de jour et de nuit, de pofte à la porte du Temple, où il lui a été dit que ce particulier avoit été arrêté par le fieur Couturier, infpecteur du boulevard, pour train et bacchanal par lui fait par récidive cette après-midi fur les boulevards. Eft auffi venu par-devant nous un autre particulier qu'il a trouvé dans ledit corps dc garde et qui lui a dit étre plaignant contre le particulier arrété. Le particulier plaignant étant comparu nous a dit fe nommer Jean Mauvré, montrant fur le boulevard deux animaux au public, par permiffion de M. le Lieutenant général de police, dans une loge fur le boulevard, à côté de Comus, demeurant dans le Palais-Royal, panage aboutiffant à la rue de Richelieu. Nous a ajouté que le particu­lier arrêté, nommé Godart, et qui cft garçon chez lui et chez le.nommé Poiré, fon affocié, leur fervant pour appeler le public, fe dérange et fe dé­bauche depuis quelque tems par la boiffon et les femmes de mauvaife vie qu'il a amenées dans Ia loge; que fur les trois heures de l'après-midi ledit Godart a fait du train fur le boulevard et dans ladite loge; qué fur ce que lui comparant a voulu lui en impofer, il l'a maltraité de paroles, lui a dit des injures et fottifes, s'eft jeté fur lui, lui a déchiré fa chemife, ce qui a fait que la patience lui ayant échappé, il l'a fait arrêter et conduire au corps dc garde de la porte du Temple; que là, après que nous commiffaire les avons entendus l'un et l'autre, il a été par nous ordonné audit Godart, qui étoit pris de vin, de fe retirer chez lui et de ne revenir quc demain dans la loge pour y fervir dans le cas où le comparant le voudroit ; ce qu'il n'a pas fait et eft relié dans la loge, a recommencé le méme train, n'a pas voulu fe re­tirer et a même caffé des clous que lui Mauvré avoit mis à une fenêtre pour qu'elle ne s'ouvrît pas en dehors, et ce-par méchanceté : pourquoi il l'a en-
r(i)'Pierrot'furieux; eû'Pierrot Roltiud, parodie cn un acte, par Fuzelier, de la tragédie lyrique 'dè Ro)and, paroles"de" Quinault, musique dc Lully. Cette parodie Tut reprise à la foire Saiul-Gcr-main dè 1717, au jeu de la dame Baron.